Après la Sicile l’an dernier, nous décidons de faire le shooting de la collection 2019 dans les dunes du Sahara. Pour cela, plusieurs jours seront nécessaires, car nous avons beaucoup de route à faire. En effet, nous allons atterrir à Marrakech, et nous devons rejoindre M’Hamid à 450kms de là.

Retour sur ce séjour de folie qui restera inoubliable pour toute l’équipe :

Départ le lundi 9 Avril 2018 au matin, direction Marrakech, avec notre petite équipe : Inès notre mannequin, Cédric notre photographe, et nous deux. Arrivés vers 15h nous passons l’après-midi dans les ruelles de la médina de Marrakech, pour flâner et se dégourdir les jambes avant de prendre la route le lendemain matin à l’aube. Charmeurs de serpent, marchands de tapis, étales d’épices, et boutiques de lampes nous plongent dans l’ambiance Marocaine immédiatement. Retour à notre riad vers 20h30, où notre dîner est préparé par Fatima, jeune femme originaire de Fez, qui s’occupe de tout le riad, et qui cuisine merveilleusement bien. Nous pouvons enfin savourer les premiers couscous et tajines du séjour. Un délice !

          Après une bonne, mais courte nuit, le réveil sonne à 6h pour rejoindre notre chauffeur et guide, Lahcen de Bivouac sous les étoiles, qui nous accompagnera jusqu’à la fin de notre séjour. Départ à 7h du riad direction M’Hamid à 450 kms au Sud-Est. Sur notre chemin, nous passons par le col enneigé du Tichka situé à 2260m d’altitude, Ouarzazate, où Lahcen nous montre les studios de cinéma Atlas créés en 1993 où ont notamment été tourné Gladiator et Astérix et Obélix. Nous poursuivons jusqu’à Agdz, où nous nous arrêtons déjeuner dans un restaurant, quasi invisible de l’extérieur si vous ne connaissez pas l’adresse, avec une sublime vue sur la palmeraie.

Col du Tichka

Agdz

Un bon tajine, un peu de soleil et nous remontons dans notre 4×4, car nous avons encore pas mal de kilomètres à faire avant notre arrivée aux premières dunes. Nous passons par Zagora, avant de faire une halte à Tamegroute, où nous visitons la bibliothèque coranique et le village des potiers. Dans ce dernier 7 familles y travaillent et vendent leurs produits dans une coopérative. Nous sommes impressionnés de la rapidité, la dextérité et la précision du travail fait à main levée.

Poteries réalisées sur place

Potier en plein travail

Il est 17h, nous partons de Tamegroute vers M’Hamid, où nous arrivons 30 minutes plus tard, et découvrons notre bivouac pour la nuit. Malheureusement, une tempête de sable nous y accueille, nous ne pourrons donc pas shooter le premier look au coucher du soleil comme nous le souhaitions. Nous ne pouvons pas vaincre la météo, donc nous reportons ce shoot au lendemain matin, et nous profitons de notre soirée pour marcher sur les premières dunes, et regarder le coucher de soleil avec ce somptueux paysage. Bon, ce qu’on ne vous dit pas c’est que nous sommes tous avec nos chèches sur la tête pour vaincre la tempête de sable et éviter d’en avoir plein la bouche et les yeux !   On aura bien mérités notre repas sous tente puis un chant des berbères au coin du feu.

Camp de M’Hamid

Coucher de soleil sur les dunes

Le chèche, l’accessoire indispensable !!

Mercredi, jour 3, on attaque les choses sérieuses dès 6h30 pour profiter de cette sublime lumière du lever de soleil sur les dunes de sable. Tout d’abord nous shootons la robe Sofia (où Inès nous a démontré ses talents de cascadeuse), puis c’est au tour de la robe Cléo, qui nous en a fait baver au moment du repassage avec ses 11 mètres de crêpe de soie lavé (!!), pour finir avec le tailleur et du sable plein la bouche avec le vent qui devenait de plus en plus fort.

Shoot de la robe Cléo

Chute d’Inès qui aura fait rire tout le monde

Si on observe attentivement la photo on peux voir le sable qui est violemment projeté par le vent, ce qui ne nous a pas rendu la vie facile les soirs.

Clap de fin de ce 1er round vers 10h, quand la tempête de sable devient insupportable. Et comme si un shooting ne suffisait pas, nous nous dirigeons vers la palmeraie de M’Hamid, pour y shooter un éditorial avec quelques-unes de nos pièces, ainsi que des pièces d’autres créateurs, à destination des magazines de mode. Le paysage est assez surprenant, avec des milliers de palmiers, des herbes hautes par endroit, de la terre séchée ou du sable à d’autres. Il fait très chaud, mais nous enchaînons les looks jusqu’à 14h-14h30, avant de pouvoir aller déjeuner et avoir un break bien mérité. Pause faite, il est temps de reprendre la route pour l’Erg Chegaga, les grandes dunes orangées du Sahara à 2h de route (non des plus reposantes entre le sable et les cailloux) pour atteindre notre second bivouac. Le paysage pendant le trajet est très varié et nous croisons ce qu’ils appellent le désert des 1000 dromadaires. Des dizaines et des dizaines de dromadaires se baladent et se nourrissent des herbes de ce « champs » infini lorsque leurs propriétaires n’ont pas besoin de leurs bons et loyaux services. Nous faisons une halte à l’oasis sacré avant d’arriver au bivouac d’Erg Chegaga sur les coups de 18h. Une multitude de dunes nous entourent et une fois de plus une tempête de sable s’est levée. Les photos prévues sont donc reportées au lendemain matin.

Palmeraie de M’Hamid

Oasis sacré

“Champ” de dromadaires

Moment de détente autour d’un thé

        Qui dit photos de robes de mariée dit repassage des robes. Oui mais dans le désert ce n’est pas si évident que cela ! Hassan, le fondateur de Bivouac sous les étoiles, nous a mis à disposition une tente luxe pour repasser les robes et les laisser suspendus. Cependant nous n’étions pas sereines à l’idée de brancher un fer de 3000W dans un campement alimenté uniquement par deux panneaux solaires, quand on sait qu’en France un fer peut faire disjoncter l’installation… Hassan nous prépare alors un groupe électrogène mais la prise de notre fer ne rentre pas dans la rallonge branchée sur le groupe électrogène. On décide de rapprocher le groupe de la porte de la tente mais en le faisant trop rapidement le filtre à dû être noyé et impossible de le faire redémarrer. On décide alors de laisser tomber pour le moment et d’aller dîner (il était déjà 20h30 tout de même !). Après manger nous retournons voir le groupe électrogène avec Hassan, mais cette fois la poignée de démarrage est bloquée, rien à faire, nous n’avons plus qu’une seule solution si nous voulons repasser les robes : tenter la prise dans la tente au risque de faire sauter l’électricité dans tout le campement. On y va progressivement sur la puissance du fer, et nous serrons les dents à chaque augmentation de température. Finalement l’installation électrique tient le coup lorsque le fer est au maximum, ouf !! Nous finissons tout de même de repasser les 3 dernières robes à 1h du matin pour un réveil à 6h. On a jamais dit que ce shooting serait de tout repos !

 

Jour 4, le réveil sonne, Inès se prépare, on boit un thé à la menthe face aux dromadaires qui se tiennent en liberté derrière le bivouac ,pour se réchauffer un peu (oui il fait froid, très froid, dans le désert à 6h du matin), puis nous allons dans les dunes de Chegaga pour shooter la robe Ophélia. La caravane de dromadaires que nous avions demandé pour 8h nous rejoins, nous changeons Inès pour le modèle Héra et on enchaîne les prises de vues avant que le soleil ne soit trop fort. Shooter avec des animaux n’est pas toujours évident mais là tout se déroule sans souci, le chamelier place même le plus gentil en première position pour rassurer Inès. On finit avec la robe Ana pour laquelle on sollicite toujours notre dromadaire préféré qui somnole quand Inès le caresse.

Nos collègues de la matinée

Inès et le plus gentil des dromadaires

Shoot de la robe Héra

      Le shooting de la collection finit, nous rentrons au bivouac à dos de dromadaire (moins confortable que le 4×4 mais bien plus fun J ) et nous profitons de ce paysage de dingue avant de devoir déjà repartir. Nous shootons un look de l’édito au bivouac avec des tapis et teintures de toutes les couleurs puis nous plions bagage pour rejoindre l’Oasis de Fint à Ouarzazate. Petite halte à Zagora, où nous déjeunons dans un restaurant avec un jardin magnifique dans l’arrière cours. Encore une fois, un lieu à la beauté insoupçonnable depuis l’extérieur. Nous ne tardons pas trop car nous voulons arriver à l’oasis avant le coucher du soleil pour y faire nos deux derniers looks de l’édito. Malgré une tentative de shoot, nous arrêtons la séance, et ferons les photos le lendemain matin avant de partir, pour avoir une jolie lumière, car le soleil est passé derrière la montagne et la luminosité est devenue trop faible. Nous remontons dans nos chambres pour prendre une bonne douche après 3 jours de lavage au robinet et à la lingette (on réalise le bien-être et le luxe que c’est d’avoir l’eau courante), préparation des bagages pour le retour et un bon repas pour terminer cette journée bien chargée.

Vendredi 13 Avril, dernier jour de notre séjour au Maroc. Une fois n’est pas coutume nous nous levons avec le soleil pour bénéficier de la douce lumière du matin pour nos photos. En une heure, les deux derniers looks de l’édito sont dans la boîte, nous avons réussi notre objectif ambitieux de shooter la campagne et un édito en si peu de temps!! Tout le monde remonte en voiture, et direction l’aéroport de Marrakech. Nous pensions être au bout de nos surprises, mais c’était sans compter sur cette tempête de neige qui s’est mise sur notre chemin. En effet, au départ de Fint le ciel était bleu et le soleil brillait, puis la pluie et la neige ont été de la partie au niveau du col du Tichka (on rappelle qu’il se situe à 2260m d’altitude) et nous avons croisé des déneigeuses (la preuve en image ci-dessous) ! Heureusement Lahcen est un chauffeur hors pair et nous a conduits à bon port dans les temps.

En résumé nous avons vu des paysages splendides et d’une grande variété à notre plus grande surprise, nous avons fait plus de route que de prise de vue soit environ 20h en 3 jours et demi contre 12h de photos, nous étions derrière le peloton de cyclistes du tour du Maroc pendant plus de 30 minutes à 50 kms/h, nous sommes passés d’un grand et beau soleil à la tempête de neige en moins de 3h de route, nous avons mangé du couscous, des tajines, du couscous, et encore des tajines, mais surtout nous avons pris notre pied à vivre cette expérience de folie sur 5 jours bien chargés !

Un énorme MERCI à toutes les personnes qui ont participé à ce projet :
Cédric pour son professionnalisme en toutes circonstances (tempête de sable ou soleil de plomb).
Inès pour sa gentillesse et sa bonne humeur quotidienne.
Hassan, fondateur de Bivouac sous les étoiles, pour son aide avant et pendant notre séjour.
Lahcen, chauffeur et guide merveilleux sans qui rien n’aurait été possible.
Clara Jasmine pour ses somptueux bijoux que vous pouvez retrouver sur : www.clarajasmine.com
Le ministère de la communication Marocain pour nous avoir accordé l’autorisation de réaliser ce shooting.